Vendredi 10 août 2001
Zomer Festival – Renaix (Ronse)
RUDE RICH & THE HIGHNOTES (Holl)
Ce n’est pas moins de dix dates que Rude Rich et ses Highnotes ont donnés cet été en région
flamande, toutes organisées par le Zommer Festival qui a pour but de programmer quelques
groupes jouant, à tour de rôle, dans les différentes villes participantes. En invitant Rude Rich à
ce festival, on peut dire que le programmateur à eut du flair. Après avoir été comblée lors de
leur premier passage en Belgique au festival de Ska-ntwerpen à l’Hof Ter Lo en février dernier,
toute l’équipe de Skanner s’est mobilisée pour ne pas rater le second passage du groupe
hollandais dans nos régions. Dans le plus grand des hasard, c’est à Renaix que nous nous
sommes rendu où Rude Rich donnait la dernière date de sa tournée flamande.
Renaix est une charmante petite ville flamande, qui est cependant bilingue, située au nord de Ath
en Flandre Orientale. Le concert (gratuit) prenait place au centre d’un petit parc et l’orchestre
était installé sous le pavillon où jadis la fanfare jouait le dimanche après midi. Le public, présent
en nombre, était confortablement installé sur ces fameux bancs oranges si chers à toute kermess
qui se respecte. Autant dire que les spectateurs n’étaient pas venus pour écouter Rude Rich &
The Highnotes mais simplement pour boire quelques verres et discuter entre bons voisins sur un
fond musical agréable passant toutefois inaperçu. C’est néanmoins la première impression que
nous avons eut un fois arrivés sur place.
Rude Rich & The Highnotes nous ont offert deux sets séparés par une petite demi heure de
pause. Le répertoire du groupe se compose essentiellement de reprises de « standards »
jamaïcains allant du ska au skinhead reggae en passant par le rocksteady et l’early reggae.
Un concert de Rude Rich est donc forcément un pur moment de bonheur et pourrait se définir
comme un voyage dans le temps tant leur style, qu’il soit musical, vestimentaire ou
chorégraphique, se veut étonnement traditionnel. Vu le répertoire et l’ambiance générale choisis,
il ne faut pas s’attendre à entendre de nouvelles sonorités de la part de ces hollandais mais c’est
justement ce qui fait l’originalité de ce groupe augmenté d’une très bonne qualité instrumentale
et vocale. L’absence de tromboniste se fait néanmoins ressentir, surtout quand on connaît
l’importance du trombone dans la musique jamaïcaine. Cependant cette absence n’a lieu que
lors de leurs concerts car sur leurs deux albums, ils possèdent une section de souffleurs
complète se permettant même, sur le dernier en date, d’invité Rico Rodriguez, ce fameux
tromboniste jamaïcain, élève de Don Drummond, qui a exercé son talent auprès d’artistes
anglais comme les Specials et plus récemment Jazz Jamaica.
Le public, dont on fait référence plus haut, n’a pas pu résister aux couleurs des caraïbes que
transmettait la formation hollandaise. Laissant aller leurs membres aux rythmes jamaïcains, les
spectateurs, âgés de sept à septante sept ans (et même au-delà), ont été littéralement séduits
et, à mon avis, ne s’attendait pas à passer une soirée comme çà. On retiendra également les
nombreux enfants de Renaix qui n’ont pas hésité une seule seconde à monter sur scène pour
danser avec les deux chanteurs. Comme quoi le ska est bel et bien une musique pour tous sur
laquelle n’importe qui peut se laisser aller !
KARL KING
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