Rétrospective concerts mai - juin - juillet 2002
The Skatalites (Jam) – New York Ska Jazz Ensemble (USA) – The Slackers (USA) - The Internationals (B) - The Moon Invaders (B)
Pour donner suite à la première rétrospective (12/2001 - 04/2002), en voici une autre que nous présenterons plutôt comme la sélection des trois concerts qu’il ne fallait pas rater ces trois derniers mois, ce qui fait un par mois si mon sens de la logique est bon, qui ont eu lieu dans notre petit pays, du moins au nord (mais pas tous à la Lintfabriek cette fois).
Continuons dans la logique et commençons par aborder Le concert du mois de mai qu’il ne fallait pas rater. The Skatalites étaient enfin de retour en Belgique dans le cadre de la tournée qui suivait l’enregistrement parisien de leur dernier album From Paris With Love. Cette fameuse date qui s’arrêtait par chez nous, beaucoup l’attendait et c’est au Botanique qu’elle eu lieu. Honnêtement, on n’avait rarement vu une salle de l’Orangerie aussi remplie et avec autant d’ambiance alors qu’il y a un peu moins de trois ans dans la même salle, le même groupe avait joué devant une salle nettement moins remplie (et l’ambiance était également au rendez-vous, notons-le). Cela signifierait-il une petite montée de la cote de popularité pour le ska en Belgique ?
Toutefois, même si le public a attendu l’arrivée des seniors jamaïcains pour se laisser aller complètement, il avait déjà pu transpirer en écoutant du ska avec nos Internationals nationaux. Cette formation de la région anversoise représente sans doute ce qui ce fait de mieux en ska instrumental belge (même s’il y en a pas beaucoup d’autres). Pour couronner le tout, c’est aussi une des plus peuplée puisqu’elle comprend trois percussionnistes (batterie, congas, timbales), un guitariste, un contrebassiste, un claviers et quatre souffleurs. Une première partie idéale et sans doute la plus appropriée de tout le pays pour un groupe comme les Skatalites. Parlons-en de ces Skatalites. L’attraction première de ce concert était sans aucun doute le retour parmi les siens du fameux John ‘Dizzy’ Moore, trompettiste original trop longtemps écarté du groupe depuis sa reformation. Les autres membres sont toujours là, en parfait état de marche, à commencer par la légendaire section rythmique de Kingston : Lloyd Brevett (contrebasse) et Lloyd Knibb (batterie).Le premier captive une grande partie public par sa présence et ses lignes de basse simples (dans le bon sens du terme) et puissantes, alors que le second mène le groupe du haut de ses fûts dont il sort ces fameux rythmes jamaïcains (sa contribution à leur développement n’est plus à prouver) dans lesquels il vient intercaler ces impressionnants fills à la sauce burru drumming (il fût le premier à insérer ces rythmes traditionnels dans le ska). La section skank, à défaut d’être celle d’origine, est elle aussi tout à fait géniale même si Ken Stewart (claviers) ne se lance que trop peu souvent dans des solos. Devon James (guitare), lui, ne se prive pas et on ne s’en plaindra pas. Même si les Skatalites on vu leurs souffleurs les plus connus s’en aller (Don Drummond [1969], Tommy Mc Cook [1997] et Roland Alphonso [1998]), il leur reste toutefois deux membres originels de la section cuivre qui, tout comme leurs anciens collègues, sont de grands talents. D’une part, Dizzy Moore dont on a déjà parlé et d’autre part le sax alto Lester Sterling. De haut de ses soixante six ans ce petit monsieur de taille et au talent immense a reprit du service au sein des Skatalites pour l’album Greetings From Skamania. Pour compléter la section, Cedric Brooks (sax ténor), lui aussi un vétéran jamaïcain mais qui ne joua pas avec les Skatalites, et le jazzman américain Will Clark qui a la lourde tâche de remplacer la légende du Don Cosmic. Pour terminer, l’adorable Doreen Shaffer, surnommée très justement ‘The Queen of Ska’ est venue nous interpréter, comme il y a de cela presque quarante ans, quelques ska vocaux et autres rocksteady. Même si on est toujours aussi impressionnés lors d’un concert des Skatalites, à partir d’un moment, on peut quand même émettre une petite critique : depuis leur reformation, ils ont sorti plusieurs albums comprenant des reprises de leurs standards mais aussi toute une série de nouveaux titres. Alors qu’ils disposent d’un répertoire monstrueux, celui qu’ils nous proposent lors de leurs concerts paraît immuable, dommage !
Moins d’un mois plus tard, Le concert à ne pas manquer avait lieu à la Lintfabriek de Kontich. Ska-ntwerpen, pour son dernier concert de la saison, avait programmé en date du 26 juin le célèbre New York Ska Jazz Ensemble. Véritable allstars band, l’ensemble new yorkais s’est formé à la grande époque de Moon Ska Rcds, avec entre autre des membres des Toasters, des Scoflaws et des Skatalites. Aujourd’hui, il ne reste plus que le saxophoniste originel, qui a du trouver des remplaçants à la hauteur pour reprendre le pupitre de musiciens célèbres comme Victor Rice (contrebasse) ou Devon James (guitare) pour ne citer qu’eux. Malgré ce grand changement de personnel, le NYSJE reste largement à la hauteur de sa réputation vu que tous les petits nouveaux sont d’excellents musiciens. La soirée fut excellente, le public était venu nombreux pour profiter une dernière fois de l’ambiance chaleureuse des concerts de Ska-ntwerpen avant la rentrée de septembre. Notons que la première partie était assurée par les Moon Invaders sur lesquels je ne m’étendrai pas davantage faisant moi même partie du groupe.
Bien que le mois de juillet ne soit pas encore terminé, le concert à ne pas manquer ces derniers jours était celui offert par la Jeugdhuis Het Kompas à St Niklaas. L’affiche proposée était en effet alléchante : The Slackers et Tachyon (qui donnait son premier concert avec sa nouvelle section cuivre). Malheureusement, le groupe ska-punk anversois a joué si tôt que leur concert était fini quand nous sommes arrivés sur les lieux. On espère pouvoir vous en reparler plus en détail lors d’un prochain concert. Après avoir joué 45 minutes à Dour la veille, les Slackers se retrouvaient dans un petit club de pas plus de 250 personnes pour y jouer un set trois fois plus long augmenté de trois rappels en bonus. Comme lors de leur dernier passage en Belgique, en septembre dernier, Vic Ruggiero (chant, claviers) n’était pas présent sur scène. Alors qu’en septembre, il retourna à New York auprès de ses parents souffrants, trois jours avant ce concert de juillet, il apprit le décès de son père et reprit à nouveau l’avion pour rejoindre sa famille. Envoyons à nouveau une pensée particulière à Vic Ruggiero, Victor Ruggiero senior et leur famille. Terminons sur une note un peu plus positive en vous annonçant que les Slackers ont déjà sept nouveaux morceaux prêts pour le prochain album et que huit autres sont encore préparation. Pour ceux qui les auraient loupés, sachez qu’ils seront bientôt de retour.
KARL KING
Retour à la page des critiques